Tout à l'heure, je passai chez le chic Hérétique, et j'y trouve un billet intéressant à propos de nos ex-amis du nouveau centre.

Attention : entraînement au rétrolien...

On lisait donc ceci ici :

Nos convergences sont plus fortes que nos divergences. Pour avoir un jour une majorité centrale, le MoDem devra un jour  rallier les centristes de toute obédience.
Tout rapprochement avec les centristes en particulier du Nouveau Centre doit être envisagé avec bienveillance, dès lors qu'il se fait à parité avec le MoDem. Ce qui ne nous empêche pas de regarder avec la même bienveillance les efforts de rénovation social-démocrate à notre gauche.

Alors tendons-nous la main, continuons à dialoguer, et n'oublions pas que nous sommes deux confluents dont l'origine est un fleuve commun.

Je trouve ces propos prématurés.

- M. Morin et sa famille n'ont pas de militants, pas d'idées originales par rapport à l'UDF-Mouvement démocrate,
- ils sont certainement détestés par l'essentiel des UDF (cf. l'accueil réservé au discours de Jean-Louis Bourlange à la dernière convention parisienne : on aime bien Jean-Louis, mais son discours...)
- et surtout, surtout, leur position semble bien fragile : on peut craindre que, tels Douste-Blazy, de Robien et tant d'autres, ils ne finissent au oubliettes, leur influence réduite à néant, leurs voix inaudibles, l'esprit rongé par le souci de survivre face à la machine-à-conserver le pouvoir de l'UMP. Nicolas Sarkozy n'a plus beasoin d'eux, et pourrait les jeter. Morin va devoir endosser les coupes sombres dans les budgets militaires, les morts au Liban ou en Afghanistan, voire des retraits piteux. Espérons qu'il n'ait pas à assumer des déploiements en Iran, au Kurdistan ou un attentat majeur en France.

Et puis ils incarnent la Traitrise en politique, bien plus que Kouchner par exemple. S'ils ne s'étaient pas dégonflés tout de suite, et même avec des candidats UMP en face d'eux, combien y aurait-il de députés démocrates aujourd'hui ? 15 ?  Ou 50 ? Parce que la partition de l'ouverture n'aurait pas beaucoup joué... Et leurs arguements pour quitter Bayrou, franchement : rien, nada ! La soit-disant "trahison des électeurs" a été démentie par les sondages sortie des urnes.


Et quant à mes talents pour les rétroliens : ce n'est pas encore tout à fait ça... Désolé.

Et le lendemain, deux nouvelles nouvelles sur ce sujet :
- Le "Nouveau Centre" n'est pas assuré de son financement nous affirme le Figaro, pour une raison simple : parmi les gens connus pour faire partie du PSLE (le nom officiel de ce non-parti, pour Parti Social Libéral Européen), beaucoup se sont inscrits sous le vocable "majorité présidentielle". La règle qui postule qu'un parti, pour obtenir des subventions du fait de ses députs, doit avoir receuilli au moins 1% des voix dans 50 circonscription va donc devoir être changée si ces messieurs veulent pouvoir toucher les gros sous. Je n'ai aucun doute : elle va l'être ! Et M. Sarkozy en profitera pour renforcer son emprise sur ces centristes là... Imaginez un peu, par exemple, que le Conseil constitutionnel, saisi, mette du temps à se décider. Pendant tout ce temps, nos chers nouveaux centristes seraient très sages, très, très, très sages...
- Pierre Méhaignerie envisage de créer un groupe centriste hors de l'UMP affirme Capital. Faisons jeune et bref : mort de rire, Pierre ! On est pas bien à l'UMP, hummmm ? Ta sensibilité souffre ? Nous souffrons avec vous, quand même...