L'affaire est tout de même étonnante !


Après l'éviction de Jean-Marie Colombani pour cause de Sarkozyte un peu aigüe, les journalistes du groupe Le Monde - La Vie entendait appliquer le même remède, pour les mêmes raisons, à Monsieur Alain Minc.

Celui-ci, esprit brillant, est l'ami des grands financiers, auxquels il dispense des conseils onéreux et parfois bancaux (M. de Benedetti en fit les frais, par exemple, et de mémoire).

Bref ! Minc est le président du Conseil de surveillance. Son mandat est soumis au vote : 10 actionnaires externes (en gros les grands du Cac40) votent pour sa reconduction, 7 représentants des journalistes votent contre et 3 s'abstiennent. Il lui fallait 11 voix, qu'il n'a pas, mais il passe en force soutenu par M. Perdriel, patron du Nouvel Obs et copain. Il se dit élu et propose que l'affaire soit réglée devant les tribunaux. Il menace de placer le Monde sous la coupe d'un administrateur : c'est du chantage.

Le Figaro et Libé racontent ça sur leurs sites. Et LeMonde.fr alors ? Interloqué par des commentaires chez Libé, je vais vérifié et là... c'est cocasse, et ça doit chauffer dans les couloirs et dans les têtes du journal de référence.

Voyez plutôt cette capture d'écran (réalisée à 18:00 LE 29 JUIN 2007) : le communiqué contient l'information et la désinformation.

Une ré-fé-ren-ce vous dit-on mais de la référence à la révérence, un pas avait été franchi...

Je salue les journalistes de ce journal ! François Bayrou, quand il a dénoncé la concentration des titres entre les mains des grands capitaines financiers, a pu avoir un rôle dans leur émancipation, : ils risquent leurs postes, ils résistent aux pressions.


Modification, le 4 juillet.
Pour précision : si le communiqué semble aussi allambiqué, c'est que 4 élections au moins avaient lieu ce jour là, pour autant de structures juridiques "distinctes". Ce n'est pas simple. Bref ! Alain Minc et les rédacteurs du Monde (et des autres titres du groupe) s'échangent des mots doux par le biais du journal. Ca doit bien faire rire les concurents. Et, bien sûr, les lecteurs sont navrés.

Je résume ma position : Minc : ouste !