D'après le Figaro et Lci, qui ont judicieusement commandé un nième "sondage" OpinionWay pour défendre le gouvernement ("Soutien massif des Français à l'action de Dati" 2007/09/07) la phrase suivante, soit-disant prononcée par un magistrat qui le dément, est censée être scandaleuse :

Les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un texte sort qu’il doit être appliqué sans discernement.

Si l'on comprend bien, dame Dati affirme que les magistrats doivent être les instruments du pouvoir et que les textes doivent être appliqués sans discernement.
Ce type de raisonnement fait peur.

A la limite, autant supprimer les juges - ils coûtent si cher ! et laisser les policier ou la ministre décider des peines directement.

Pendant ce temps, chez les cols blancs

Sauf pour la délinquance financière, bien sûr, pour laquelle on va... abolir l'essentiel des peines, très simplement : en filigrane se dessine l'idée selon laquelle les "chefs d'entreprise" doivent pouvoir calculer à l'avance le montant des amendes qu'ils encourent, histoire de les provisionner, voire de les assurer.
J'utilise des guillemets à dessein car car manifestement, maître Sarkozy parle essentiellement aux margoulins.

Mon grand père, certains oncles, chefs d'entreprises honnêtes, doivent se retourner dans leurs tombes et leurs lits.

Depuis le temps que je vous annonce qu'il va "réformer" l'abus de bien social...

Ce qui me donne l'occasion, pour une fois de proposer la ligne politique suivante :
- considérer au MoDem que la délinquance financière est grave, qu'elle génère distorsions, corruption, trucages et dysfonctionnements en tous genres, sans parler du manque à gagner pour le pays.
- et qu'elle doit être combattue, pas par l'inquisition ou l'arbitraire, mais comme on combat la mafia, et avec sévérité.

Incidemment : ça protégera les épargnants et les commerçants honnêtes.

Pourquoi un braqueur de banque serait-il condamné à des années de prison quand un véreux cravaté écoperait seulement de sursis pour le même montant dérobé ? Parce que le second est mieux habillé ?

Le tout dit sans exagération : la plupart des chefs d'entreprises ne sont pas assez malhonnêtes pour mériter la prison. Les margoulins qui partent avec la caisse par la porte, comme les initiés qui la siphonent en douce, les énervent prodigieusement...