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Mot clé - Economie

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5 juin 2007

Tiens ! Le déficit...

A l'heure où les plébiscites sondagiers pleuvent pour le gouvernement et le président, les options économiques sarkozyennes inquiètent quelque peu nos voisins... mais chez nous tout va bien : dormez braves gens.

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31 mai 2007

Paroles, paroles paroles...

Or donc voici beaucoup d'émois et de mots échangés autour de réductions d'impôts...

Le 24 mai

M. Woerth avait imprudemment détaillé (dans les Echos) des mesures limitées en faveur de l'acquisition de biens immobiliers : limitées à 20% du montant des intérêts, limitées dans le temps, applicables exclusivement aux emprunts concernant une première propriété immobilière pour le foyer fiscal, si l'achat avait eu lieu après le 6 mai 2007, bref ! des mesures limitées pour le budget de l'Etat et ciblées sur les primo-accédant.

Le 29 mai

Patatras ! Tout cela n'est pas dans la ligne. Le chef de l'état a peu goutté ces précisions trop hâtives, d'autant plus qu'elles contredisaient ses promesses de campagne et risquaient de froisser l'électeur à la veille des législatives... Nicolas Sarkozy a donc pris le 29 mai, au Havre, la seule décision déraisonnable : maintenir ses promesses. Peu importe que le contribuable soit riche ou pauvre : qu'il s'agisse de son 5e château acheté voilà 10 ans ou de son premier studio, qu'il soit imposable ou pas, les intérêts de ses emprunts lui seront remboursés, payés par l'état, pour peu que le bien soit déclaré "résidence principale".

Le 30 mai

Le Figaro d'affirmer en coeur avec le Président (Tous les prêts immobiliers seront déductibles) :

Avec cette mesure - comme avec l'exonération des charges pour les heures supplémentaires et le bouclier fiscal à 50 % -, le chef de l'État s'est placé hier soir en opposant à la « pensée unique », leitmotiv de son discours.


Si l'on comprend bien, le souci de l'équilibre budgétaire relève de "la pensée unique". Je ne blague pas ! Comprenez-vous autre chose ? Pour voir tout ce qui rentre dans le chapître "pensée unique", lisez ce discours du Havre avec un oeil critique. Mon hypothèse : ça sent la cocaïne.

Le même jour; M. Devedjian intervient sur France-Info et plaide "pour une France de propriétaires", comme Georges W. Bush plaidait pour une ownership society...

Le 31 mai

Le Figaro : La déduction des intérêts d'emprunt en question. Faudrait savoir...

Pour l'équipe qui a seriné à longueur de campagne que "les mesures étaient prêtes", que "le projet était précis" et "le programme clair", ça tangue pas mal quand même...

Et ce ne sont que des paroles, paroles, paroles...

Pourquoi ça ne donnera rien

Individuellement, la mesure annoncée serait douce aux riches, si tant est qu'elle ne soit pas trop plafonnée. Mais elle va maintenir les cours de l'immobilier à leur niveau très élevé actuel : n'aurait-il pas été plus simple de laisser le marché atterir "en douceur" ?
Et quel effet sur l'emploi ? A priori aucun : le secteur est en pénurie de main d'oeuvre depuis des mois : le relancer n'a pas de sens.
Les pauvres seront-ils moins pauvres, vont-il pouvoir devenir propriétaire ? Cela dépendra étroitement du dispositif finalement retenu : si le contribuable peut effectivement se faire rembouser une partie de ses intérêts quand il ne paye pas d'impôt sur le revenu, oui. Sinon, seuls les 50% de foyers acquittant l'IR seront concernés.
Au-delà : les banques croiront-elles à la pérénité de la mesure ? C'est peu probable : elles savent que celle-ci va coûter cher et que l'Etat est déjà endetté. Elle n'en tiendront donc pas compte, elle ne prêteront pas plus. Et quand bien même : on ne prête qu'aux riches. Admettons qu'un ménage parisien gagne 2 fois le SMIC : quel appartement peut-il se payer, avec ou sans déduction totale des intérêts de ses emprunts ? A priori aucun.

Ca ne donnera rien, sauf aux malins...

Sauf si, sauf s'il détourne le système : M. X emprunte à 15% (c'est beaucoup) à la banque France-truc et déduit ses intérêts. Dans le même temps, la banque Caïman-chose verse une petite rente discrète à M. X (ou sur le compte de Mme. dans les îles Vièrges, car Madame est poète), pour un montant correspondant à 10% de la somme empruntée. Pif, paf, le fisc raque, nous trinquons mais M. et Mme. X, ainsi que leur prêteur, s'en trouvent bien ! Ah les coquins...

Bon, bref, zut : encore une mesure pour rien, mais chère, compliquée, dispendieuse... Si je puis me permettre : peut être conviendrait-il que la question soit étudiée par des parlementaires, de préférence responsables, de bons députés, soucieux du bien public et rétifs aux ordres abscons ? Non ?

Comme Dalida, on s'gondole, provisoirement du moins.

Eviv Ysokras !