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14 septembre 2007

Aux ordres ?

Très bel article ce matin dans le Figaro, joli ballon d'essai : "Turquie : Paris pourrait lever l'obstacle du référendum"

la France risquerait de bloquer, le moment venu, le processus d'adhésion, alors même que toutes les conditions seraient par ailleurs réunies », a  poursuivi [M. Jouyet]. « L'idée n'est pas de supprimer le référendum mais de permettre au chef de l'État de choisir entre celui-ci et la ratification par la voie parlementaire », fait-on valoir dans l'entourage du secrétaire d'État. « Cela ne peut que renforcer la position du négociateur » français, ajoute-t-on.

Conclusion : Sarkozy et son équipe sont décidés à favoriser l'adhésion de la Turquie, ils sont pour. C'est évidemment contraire à ce qui a été professé durant la campagne, c'est une trahison de plus.

Alors récapitulons :

  • plus d'argent pour les très riches, et que les autres triment,
  • privatisation (bradages) des actifs publics (GDF, Areva après les autoroutes et tout le reste)
  • augmentation du contingent français en Afghanistan, contre l'avis de l'état-major,
  • "retour de la France en Irak" (Kouchner),
  • pression renouvelées sur l'Iran
  • retour en totalité dans l'OTAN sans contrepartie (i.e. sans obtention de commandement ni d'aucune influence),
  • critique du Rafale (Morin),
  • et maintenant, donc : bienvenue à la Turquie dans l'UE ! La Turquie qui n'a toujours pas reconnu Chypre ni ne tolère la liberté confessionnelle !

Donc, comme pour Tony Blair et Aznar en leur temps, la question posée est : Nicolas Sarkozy obéit-il aux o r d r e s de Washington plutôt qu'au pays qui l'a élu ?


Nous vivons une époque formidable.

P.S. : et M. Jouyet risque de se faire tacler si la réaction est trop violente. Il n'invente probablement rien, mais il est, comme d'autres ministres avant lui, instrumenté pour tâter l'opinion et l'UMP ; si ça grogne, il recevra lui aussi un missile Elyséen, par Canard interposé, du style "quel con" ou "je suis entouré de nuls".
Belle équipe vraiment, beau jeu ! Le management par la peur ne fonctionne pas longtemps...

27 juin 2007

On purge bébé(s)

Petite liste rapide des éviscérations et purges laxatives destinées au soulagement présidentiel.

Arrêt d'Arrêt sur Image

Il est interdit de s'arrêter sur les images qu'on nous sert, ou de revenir dessus. M. Schneidermann s'explique sur son blog... et explique surtout pourqoui on le purge lui.

Le dossier du ministère de la Défense sur le "second porte-avion"...

... n'existe plus. Cela évitera peut être de poser des questions troubles du genre : les 2 ou 3 milliards d'Euros prévus pour cette opération tiennent-ils compte de la nécessité d'acheter des avions, pour ce porte-avion ?

Purge des actifs publics

A propos de purge, après la vente de 5% de France telecom annoncée hier, voici la "fusion" GdF-Suez (aussi appelée "bradage de GdF") qui est finalement acceptée par l'ami Sarkozy.
L'article du Figaro est cocasse sur un point : il signale que le prix initialement envisagée n'est plus valable, les cours de l'action Suez ayant monté.

Une hypothèse emplie de mauvaise foi s'impose à moi : puisque qu'ils savaient l'opération bien engagée et très avantageuse pour leur groupe, les actionnaires initiés de Suez ont décidé d'acheter plus d'actions, de faire monter les cours, afin 1) de maximiser leurs gains à court terme (revente lors de la finalisation de l'opération, qui sera fatalement "bien acceuillie par les marchés") et 2) de maximiser le rendement de l'opération en sur-valorisant l'action Suez pour acheter GdF moins cher. Vous suivez toujours ?
Dit autrement, cette opération que Nicolas Sarkozy s'était engagé à ne jamais tolérer, vient de devenir encore plus défavorable au contribuable.

Mais il faut bien des avions au porte avions et des sous pour Dassault, alors...

D'ailleurs, hier, on (NS) annonçait aussi la reprise des "grands travaux" (plus d'autoroutes ? Bouygues est jalou de Dassault), qu'il va falloir payer. Le Figaro évoquait une nouvelle tentation du gouvernement : vendre des bouts d'EDF puisque'EDF est devenue la première entreprise cotée sur la place de Paris... Et Areva aussi. Pour mémoire, rappellons la citation célèbre de celui n'était encore que ministre et s'exprimait à la tribune de l'assemblée nationale le 15 juin 2004 à propos du changement de statut d'EDF et GDF :

Je l’affirme, c’est un engagement du gouvernement, E.D.F et Gaz-de-France ne seront pas privatisés. Le Président de la République, poursuivait Nicolas Sarkozy, l’a rappelé solennellement lors du Conseil des ministres. Pour cette raison, le gouvernement accepte l’amendement du rapporteur prévoyant de porter de 50 à 70% le taux minimum de détention de capital d’E.D.F et de Gaz de France.


Oyer, oyez, investisseurs ! Au rythme où les décisions sont prises, on songe à vendre le Louvre, qui représente une magnifique opportunité immobilière et mobilière, pour l'opération "du pétrole pour notre porte-avion".
Cette impression est confirmée par le gouvernement, mais en off (toujours dans le Figaro) :

Céder des actifs pour désendetter la France mais certainement pas pour financer le « choc fiscal » promis par le candidat UMP : tel est le message que veut absolument faire passer le gouvernement. Même si les deux éléments se rejoignent. « Il faut s'attendre à de très mauvaises nouvelles en matière de finances publiques dans les prochaines semaines, ce qui oblige à accélérer le tempo en matière de recettes de privatisation »


Mais pourquoi sarait-ce choquant et mauvais, objectera-t-on, que de céder ces actifs ?

  • Les cours montent parce que les investisseurs anticipent des plus-values, des gains importants dans le futur. En cédant des parts, l'Etat, en fait bon gestionnaire, se prive de ces plus-values latentes.
  • L'Etat est en déficit (c'est là la faille) et le comble en empruntant à 3% environ. Pour éviter d'emprunter une partie de ces sommes, le gouvernement se sépare d'actifs qui rapportent plus que ce taux. Celà n'a guère de sens sauf du point de vue de l'affichage (la dette publique augmente moins... et on se fiche que les actifs baissent, car ils ne sont valorisés que lors de leur vente et compte apparemment pour du beure sinon) ; comme pour la privatisation des autoroutes en son temps, cette opération est absurde.
  • A chaque fois, c'est un peu de souveraineté qui s'en va. En toute naïveté, on peut considérer que ces entreprises majeures, qui détiennent un véritable pouvoir, sont plus rassurantes si elles sont contrôlées par un gouvernement démocratique ou par des investisseurs amis. Mais Carlysle au capital de France Telecom, ou demain d'Areva, Alcatel entièrement passé sous la coupe américaine et employant ses ingénieurs à former des chinois ou des coréens, puis les licenciant, Total détenue en majorité par des actionnaires étrangers (qui empochent les bénéfices) et demain l'énergie nucléaire aux mains des mêmes qui ont ruiné Enron : ça vous rassure ? Moi pas.


Et l'Etat, de plus en plus, la nation au delà, sont soumis au chantage des financiers.
Vous me direz : on vient d'élire leur avocat à la présidence, on a ce qu'on mérite : on purge les veaux. Le clystère me fait mal.

Et je n'ai, finalement, pas encore purgé mon amertume.

Bonne nouvelle !

2005-01-11: Brown et Blair par le GuardianOn purge Blair aussi, qui n'est plus premier ministre anglais. Hélas, hélas, on a toutes les chances de le retrouver en envoyé du "Quartette" (Etats-Unis, Europe, Russie, Onu) pour le proche Orient.

Hypothèse optimiste : il a toujours cru à ce qu'il racontait sur le sujet, il va faire avancer les choses en convaincant Georges Bush et les Israéliens de céder effectivement des territoires contre la paix, de négocier honnètement, d'une part, et les Palestinien de faire preuve d'un minimum de réalisme. Il y voit une occasion de se racheter de l'erreur majeure que fut son suivisme en ce qui concerne l'Irak. Il va prouver quel bon catholique et homme de paix il est en fait. Il va tenter de nous persuader que sa place n'est pas dans une cellule à la Haye.

Hypothèse pessimiste : il a menti sur ce sujet comme sur les autres (c'est à dire énormément, avec un talent immense), il va faire semblant de faire avancer les choses, Bush va faire semblant de l'écouter, les autres parties en présence continuant à se trucider sous le regard bienveillant des marchands d'armes américains.

De toutes façons, sur ce sujet, la situation ne peut pas empirer. Soyons optimiste. Prions fort...

Je le savais ! (modification du 28-06-2007)...

... j'en oubliais : après Jean-Marie Colombani, dont ils ont obtenu le départ, les journalistes du Monde viennent d'inviter M. Minc à aller voir ailleurs. Je songe à racheter ce journal de temps en temps, s'ils obtiennent son départ. Nous sommes nombreux, et Edwy Plenel en est, à ne pas pardonner pour l'instant la mise en coupe réglée du "journal de référence" en faveur de Sarkozy durant cette élection. Jamais, par exemple, ils n'ont dénoncé l'absurdité des mesures économiques envisagées ouvertement par le président de l'UMP ; c'est d'autant plus navrant que c'est sur ce terrain avant tout que Sarkozy est attendu par ses électeurs. Dieu qu'ils vont être déçus !

Dans la même série, je signale que les huiles de l'équipe Bush ont commencé à soufrir, et que ce n'est pas fini. Lewis "Scooter" Libby : en taule. Wolfowitz : démis de la Banque Mondiale. Divers Lobbyistes en prison pour malversations. L'ex-chef d'Enron : décédé après condamnation lourde. Gonzales (ministre de la justice de Bush junior) : vient de subir une historique motion de défiance par les deux chambres. Cheney, le vice-président et la Maison Blanche vont être perquisitionnés dans le cadre d'une enquête diligentée par le Sénat sur de nombreuses écoutes illégales.
Il est plus que temps : la folie des dirigeants américains actuels (politiques et économiques) est porteuse de menaces pour tous.

Modification du 2007-07-04 : Lewis "Scooter" Libby n'ira pas en taule. Georges Bush vient de l'en dispenser, ce qui émeut bien du monde...

25 mai 2007

"La pause dans le désendettement..."

Hier, en fouillant les pages Finance du Figaro, on pouvait découvrir ce titre cryptique :

Le gouvernement officialise la pause dans le désendettement.
Ce « choc de croissance » sera suscité par le choc fiscal prévu cet été, a déclaré François Fillon.


On reste coi.

Sur la forme d'abord

  • Qu'en termes choisis ces choses là sont dite ! Un titre plus clair eut pu être choisi : "La relance par la dette". Mais cela aurait-il plu ?
  • "officialise" : notre gouvernement, en fonction depuis moins d'une semaine, aurait-il déjà pris le temps de mener des politiques occultes ? Non, mais il avait affirmé vouloir lutter contre la dette, pour coller à Bayrou, et c'est déjà fini. Et d'ailleurs cette décision peut-elle être prise sans l'aval du parlement ?
  • "le désendettement" : la dette financière de l'Etat a effectivement diminué l'an passé. Mais : au prix de quelles cessions d'actifs non-financiers, au juste ? Aurait-on vendu les meubles pour rembourser les dettes ? Et si des cessions ont eu lieu, pour quel montant ? Je creuserai ça...


Sur le fond enfin

(voir sur le sable)

  • En avant toute pour la dépense ; la dette, Il s'en fiche ! Il fut un temps, sous Balladur, où Nicolas Sarkozy était ministre du budget (1993-1995) et il présida à des déficits vertigineux. Sommes-nous sur la même pente ? Probablement, mais pour des raisons différentes. A l'époque, il s'agissait de remporter les élections qui allaient suivre : on ne regardait guère à la dépense, le peuple avait besoin de pain, de jeux, il fallait contenter les envieux. Aujourd'hui, on va traiter d'autres enjeux ; le gouvernement affirme vouloir faire revenir "les riches", ou éviter qu'ils ne partent. On va voir s'ils ont confiance... Le Monde, récemment, en doutait.
  • Et au-delà, est-ce bien le moment de procéder à relance keynésienne (pouah, le vilain terme "de gauche" !) ? Les déficits publics sont élevés, le commerce extérieur est déficitaire, nos frontières sont ouvertes et la concurrence, loyale ou pas, est fort rude.
  • M. Fillon a-t-il raison d'espérer atteindre 3% (ou 3,5%) de croissance ? Peut être, mais à quel prix ? Cette croissance générera-t-elle des emplois ? Rien n'est moins sur, mais à trois semaines des législatives, Fillon gesticule...


En attendant, à force de recourir à "ma tante", on risque de finir sous la tente.

Un dernier mot

La relance économique par l'endettement publique pratiquée par un gouvernement "de droite" présente trois aspects périphériques distrayants.

  • C'est une trahison des voeux de l'électorat de M. Sarkozy, qui n'aime pas la dette.
  • Ce n'est guère gaulliste. Mongénéral était plutôt rigoureux, vertueux, toutes sortes de vertus probablement jugées déplacées à Neuilly. Je le déplore.
  • C'est, encore une fois, singer les républicains américains : on imite le George W. Bush de 2001, et les Reaganomics de 1981...


Pour résumer, je crains que la la politique économique Sarkozyenne ne soit ruineuse et inefficace.

Déficits publics de l'Etat français, 1990-2006
Sources originales :

  • Aarticle de Cyrille Lachèvre in LeFigaro.fr, 24 mai 2007
  • Graphique produit par "MacroEco" tel que figurant sur Wikipedia, sous licence Creative Commons.

Irak, Bush et humour anglais

The Economist

The Economist est un hebdomadaire sérieux, de très grande qualité, même s'il est souvent de parti pris très libéral en matière économique ; presque naïvement libéral (au sens français du terme...). Ils sont démocrates, ils croient à la démocratie. Et c'est essentiellement à ce titre qu'il ont, bizarrement soutenu la guerre de Georges W. Bush en Irak et, le premier ministre Tony Blair.

Mais il arrive aux anglais d'être drôles ! J'aimais à l'époque, j'aime encore cette description de l'aventure irakienne qui date du 10 septembre 2003.

Previsions d'ensablement (c) The Economist 2003

France, Allemagne, Russie) Chirac, Schroeder, Poutine. vs. (Etats-Unis) Bush Jr.
Vous allez être coincés!
Quoi ? J'vous entend pas !! Vous me causez ?
..
JE SUIS COINCE !!
Quoi ??? On ne vous entend pas !!! Vous nous parlez ?!?


Il ne manque que le nombre de morts et le montant des bénéfices des sociétés d'armement, de reconstruction et de mercenaires pour compléter l'information.
Et il manque Tony Blair.

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